Guide des aides forestières 2026 : qui finance quoi, et où déposer
Guichet national fermé, régions et départements ouverts, DEFI, Label bas-carbone : le point au 12 octobre 2026 sur les aides à la plantation, aux travaux, au plan de gestion et à la desserte.

Une aide forestière se demande presque toujours avant les travaux, auprès d’un guichet qui dépend de l’endroit où se trouve la parcelle. Les règles changent d’une région à l’autre : taux de base de 40 % en Nouvelle-Aquitaine, 65 % en Normandie pour reboiser un peuplement pauvre, forfait de 500 € par hectare en Occitanie pour un premier boisement en peuplier. Ce guide fait le tour des financeurs, dit ce qui est ouvert et ce qui ne l’est plus à la date du 12 octobre 2026, et renvoie vers les fiches détaillées du catalogue de France Forêts. Chaque montant cité provient de la page officielle du financeur, lue à cette date.
Qui finance quoi
Trois familles d’aides coexistent, et un projet les combine souvent.
La première est la subvention publique : l’État, les régions (souvent avec des fonds européens, le Feader), les départements et quelques intercommunalités. Elle couvre une fraction des travaux de plantation, d’amélioration des peuplements, de desserte ou de rédaction d’un document de gestion.
La deuxième est l’avantage fiscal. Le crédit d’impôt DEFI Travaux rembourse 25 % des dépenses forestières dans des plafonds annuels, l’exonération de taxe foncière suit une plantation, le régime Monichon allège la transmission. Le guide de la fiscalité forestière détaille chacun.
La troisième est le financement par des entreprises dans le cadre du Label bas-carbone. Les sommes perçues rémunèrent une prestation de stockage de carbone, que le propriétaire facture à l’entreprise, comme l’explique le CNPF.
Le guichet national est fermé aux nouveaux dossiers
L’aide au renouvellement forestier de l’État, lancée sous forme de guichet permanent le 5 novembre 2024 dans le cadre de France Nation Verte, ne reçoit plus de nouveau dossier. Le ministère de la Transition écologique indique que le dépôt est suspendu et qu’il n’est plus possible de créer un dossier ni de valider un dossier en cours sur la plateforme CartoGIP. La date de suspension est le 10 juin 2026.
Le décret qui servait de base juridique a été annulé par le Conseil d’État le 15 juillet 2026, faute de consultation du public. Une consultation a eu lieu du 8 au 31 août 2026 et un nouveau décret a été publié le 10 octobre. Il permet d’achever l’instruction des dossiers déposés avant le 10 juin. Il ne rouvre pas le guichet. À la date du 12 octobre 2026, la page du ministère ne mentionne aucune date de réouverture.
Concrètement, un propriétaire qui avait déposé avant le 10 juin voit son dossier instruit. Celui qui n’avait pas déposé doit se tourner vers les autres financeurs. Le dispositif comptait trois volets : la reconstitution des peuplements sinistrés (tempête, incendie, scolytes, échec de plantation), l’adaptation des peuplements vulnérables ou dépérissants, l’amélioration ou la conversion des peuplements pauvres. L’article où en sont les aides au reboisement suit la situation et sera mis à jour à chaque annonce officielle.
Les régions
Les régions portent les dispositifs les plus larges : sur les 164 aides ouvertes du catalogue de France Forêts au 12 octobre 2026, 77 sont régionales, 69 départementales, 11 nationales et 7 locales. Leurs règles diffèrent beaucoup, le point commun étant que presque toutes exigent un document de gestion durable et un dépôt avant le début des travaux.
Auvergne-Rhône-Alpes. Le plan forêt-bois 2023-2027 finance la forêt privée jusqu’à 60 % des dépenses HT, avec des plafonds de 250 à 2 000 € par hectare selon les travaux. Les demandes passent par le technicien du CRPF. Le premier boisement est plafonné à 4 hectares et une seule subvention est accordée sur la période du plan. Attention : la fiche de la Région indique que cette aide ne se cumule ni avec France 2030 ni avec le Label bas-carbone. Les départements de la Drôme, de l’Ardèche et de la Loire ajoutent leurs propres compléments, par exemple 20 % supplémentaires en Drôme, dans la limite de 2 000 € par hectare pour un mélange feuillus ou feuillus-résineux.
Nouvelle-Aquitaine. Le dispositif 73.08.01, cofinancé à 60 % par le Feader et à 40 % par la Région, fonctionne au fil de l’eau sur la plateforme régionale. L’aide se calcule sur un barème forfaitaire à l’hectare, par exemple 2 000 € pour un premier boisement en peuplier ou 2 700 € pour un reboisement en peuplier. Le taux de base est de 40 %, majoré de 10 % en cas de regroupement d’au moins deux propriétaires, de 15 % pour la diversification des essences, sans dépasser 65 %. Un diagnostic sylvicole signé par un référent professionnel est exigé, et une dépense engagée avant l’accusé de recevabilité de la Région rend le projet inéligible.
Normandie. Le volet 4 du dispositif forêt finance à 65 % (39 % de Feader, 26 % de la Région) le reboisement des peuplements économiquement pauvres, pour des chantiers compris entre 4 000 et 50 000 € HT. Le volet 1 applique le même taux de 65 % à la desserte. La Région finance aussi à 100 % le conseil d’un professionnel agréé, dans la limite d’un plafond le plus souvent fixé à 1 500 € HT par prestation, pour les demandes déposées jusqu’au 31 décembre 2026.
Pays de la Loire. La Région verse 4 € par plant pour reconstituer une peupleraie récoltée depuis moins de deux ans, 10 € par plant pour reconquérir une friche de peupliers exploitée depuis plus de cinq ans, et finance à 70 % le diagnostic préalable au renouvellement dès 4 hectares.
Centre-Val de Loire. Le CAP Filière finance la rédaction d’un document de gestion à 50 %, les peupleraies, les îlots d’avenir (70 % du coût HT, plafonnés à 5 005 € par îlot) et la desserte (50 % ou 65 % selon que le projet figure ou non dans un schéma de desserte, dépenses minimales de 20 000 € HT).
Bourgogne-Franche-Comté. Les travaux de régénération naturelle et d’amélioration sont aidés à 40 %, plafonnés à 2 000 € par hectare, dans le cadre d’un règlement qui s’applique jusqu’au 31 décembre 2026, sans prolongation confirmée à ce jour.
Provence-Alpes-Côte d’Azur. La Région finance jusqu’à 60 % du reboisement ou de l’enrichissement lorsque la régénération naturelle peine à s’installer ou qu’un dépérissement lié au climat est constaté, avec un plafond de 100 000 € de dépenses éligibles par dossier. La demande doit être déposée au moins trois mois avant le début des travaux.
Occitanie. Les aides au peuplier (500 € par hectare pour un boisement, 700 € pour un reboisement) sont en phase expérimentale avec un budget de 50 000 € : renseignez-vous sur les crédits restants avant de monter un dossier.
Grand Est, Hauts-de-France, Île-de-France. Les aides se concentrent sur le document de gestion et sur la résilience des forêts. Le Grand Est ajoute un forfait de 3 500 € par hectare pour remettre en production une peupleraie. Dans le massif vosgien et la Vôge, le fonds FA3R verse de 750 à 2 250 € par hectare pour reboiser en résineux après coupe, sur des propriétés de moins de 10 hectares.
Ce panorama a deux limites. La Bretagne n’y figure pas, faute de fiche vérifiée à la source à ce jour. Et la Corse, l’Île-de-France et les Hauts-de-France ont eu des appels à projets de desserte ou de défense contre l’incendie dont la session 2026 est close.
Les départements et les intercommunalités
Ils interviennent par petites touches, souvent pour compléter la région, et c’est là que se trouvent des aides très ciblées. Le Puy-de-Dôme verse un forfait de 1 500 € par hectare pour boiser ou reboiser en feuillus la petite propriété (moins de 25 hectares), sur 0,4 à 4 hectares d’un seul tenant. La Loire propose 2 000 € par hectare en résineux et 2 300 € en feuillus, avec des bonus de 500 € par hectare pour une diversification climatique. La Savoie finance à 45 % la plantation sur 2 hectares au plus par propriétaire. Le Var finance 50 % du plan simple de gestion obligatoire, dans la limite de 3 000 €. Le Grand Figeac, dans le Lot et l’Aveyron, finance de 0,5 à 2 hectares de boisement ou de reboisement.
Chaque département a sa page sur France Forêts, avec les aides ouvertes et leur statut du jour : la Loire (42), le Puy-de-Dôme (63), la Drôme (26), le Var (83), et tous les autres. Vous pouvez aussi lancer le simulateur, qui trie les aides selon votre parcelle.
Selon votre projet
Pour planter une terre agricole ou une friche, lisez Boiser une terre agricole ou une friche. Pour replanter après une tempête, un incendie, des scolytes ou un dépérissement, le guide du reboisement après sinistre fait le détail. Pour faire rédiger un plan de gestion, voyez le guide du plan simple de gestion. Pour une piste ou une place de dépôt, ouvrez la page Aides et financements, choisissez votre département puis le projet « Desserte forestière » : Normandie, Pays de la Loire, Centre-Val de Loire, Auvergne-Rhône-Alpes et plusieurs départements ont un dispositif.
Les règles qui reviennent partout
Quatre conditions se retrouvent dans la quasi-totalité des fiches.
Le document de gestion durable. Un plan simple de gestion agréé, un règlement type de gestion ou un code des bonnes pratiques sylvicoles est exigé par les services de l’État en contrepartie d’une demande d’aide, comme le rappelle le CNPF. Il conditionne aussi le crédit d’impôt DEFI Travaux.
Le dépôt avant les travaux. En Nouvelle-Aquitaine, un commencement avant l’accusé de recevabilité rend le projet inéligible. En Provence-Alpes-Côte d’Azur, la demande se dépose trois mois avant. Dans le Puy-de-Dôme, seules les dépenses postérieures à l’accusé de réception comptent. Un devis signé suffit parfois à faire perdre l’aide : la fiche du diagnostic préalable en Pays de la Loire précise qu’un devis signé ou un acompte vaut commencement.
Les plants conformes. Les aides publiques exigent des essences et des provenances conformes à l’arrêté régional sur les matériels forestiers de reproduction (MFR), avec des densités minimales.
Le cumul. Les règles varient : la Normandie exclut le cumul avec un autre dispositif public, Auvergne-Rhône-Alpes exclut le Label bas-carbone, la Drôme ajoute un complément à l’aide régionale. Avec le Label bas-carbone, les aides publiques ne doivent pas dépasser 50 % du coût des travaux forestiers, selon les pages de la méthode Boisement. Vérifiez toujours la règle de cumul de la fiche avant de signer quoi que ce soit.
Le financement carbone, pour les projets éligibles
Le Label bas-carbone concerne trois cas : le boisement d’un terrain non boisé depuis dix ans, la reconstitution d’un peuplement dégradé par une tempête, un incendie ou un dépérissement, et la conversion de taillis en futaie. Le projet dure trente ans, avec une vérification à cinq ans. Stock CO2, qui édite France Forêts, monte ce type de projet pour des propriétaires et trouve les entreprises qui les financent : la page financement carbone explique les étapes.
Par où commencer
Rassemblez trois informations : la commune de la parcelle, sa surface boisée, et ce que vous voulez faire (planter, replanter, entretenir, rédiger un plan de gestion, ouvrir une piste). Le simulateur les prend en six questions et classe les aides ouvertes. Si votre dossier combine plusieurs financements, un professionnel près de chez vous (expert, gestionnaire, coopérative) monte les demandes. Une jeune plantation se protège aussi : regardez l’assurance des plantations en même temps que le devis des travaux.
Questions fréquentes
Le guichet national d’aide au renouvellement forestier est-il rouvert ?
Non. Au 12 octobre 2026, le ministère de la Transition écologique indique que le dépôt de nouveaux dossiers est suspendu depuis le 10 juin 2026. Le décret publié le 10 octobre permet d’achever l’instruction des dossiers déposés avant cette date. Aucune date de réouverture n’est annoncée sur la page du ministère.
Peut-on cumuler une subvention régionale et le Label bas-carbone ?
Cela dépend de la région. Auvergne-Rhône-Alpes l’exclut pour les aides au boisement et au reboisement de son plan forêt-bois. Le Label bas-carbone impose de son côté que les aides publiques ne dépassent pas 50 % du coût des travaux forestiers. Lisez la rubrique « cumul » de chaque [fiche](/aides_publiques) et demandez confirmation au financeur.
Faut-il un plan simple de gestion pour obtenir une aide ?
Pour presque toutes les aides à la plantation, il faut un document de gestion durable : plan simple de gestion, règlement type de gestion ou code des bonnes pratiques sylvicoles selon la surface, d’après le CNPF. Le [guide du plan simple de gestion](/actualites/article/plan-simple-de-gestion-qui-est-concerne-financement) détaille qui doit en avoir un.
Peut-on commencer les travaux avant d’avoir la réponse ?
En règle générale, non. Plusieurs régions déclarent inéligible un projet commencé avant l’accusé de réception du dossier, et un devis signé peut compter comme un commencement. Attendez l’accusé de réception écrit.
Comment savoir quelles aides existent dans mon département ?
Ouvrez la page de votre département, par exemple [la Loire](/aides/departement/42) ou [le Var](/aides/departement/83), ou répondez aux questions du [simulateur](/simulateur). Chaque aide indique son statut du jour et sa date de vérification.
Sources
- Dispositif d’aide au renouvellement forestier, ministère de la Transition écologique (mis à jour le 12 octobre 2026)
- Décision du Conseil d’État du 15 juillet 2026 (n° 509638)
- Plan forêt-bois 2023-2027, Région Auvergne-Rhône-Alpes
- Dispositif 73.08.01, Région Nouvelle-Aquitaine
- Normandie Forêt investissements, Région Normandie
- Diagnostic préalable au renouvellement forestier, Région Pays de la Loire
- CAP Filière Centre-Val de Loire, CNPF
- Règlement d’intervention, Région Bourgogne-Franche-Comté
- Soutien au développement sylvicole, Région Sud
- Aide au boisement en peuplier, Région Occitanie
- Soutien aux propriétaires forestiers, Région Grand Est
- Fonds d’aide à la reconstitution de la ressource résineuse (FA3R), dossier de demande 2026
- Guide des aides départementales, Département du Puy-de-Dôme
- Filière forêt-bois, Département de la Loire
- Contrat de filière forêt-bois, Département de la Savoie
- Aides aux plans simples de gestion, Département du Var
- Aides forestières aux propriétaires, Grand Figeac
- Label bas-carbone, méthodes Boisement, Reconstitution et Balivage
- Les documents de gestion durable des forêts privées, CNPF
- Quelle fiscalité pour le Label bas-carbone en forêt ?, CNPF (avril 2024)


